Une semaine qui rappelle pourquoi je fais ce métier

Il existe des semaines qui passent sans laisser de trace.

Et puis il y a celles qui vous rappellent, avec une évidence presque déconcertante, pourquoi vous avez choisi de consacrer votre vie à la musique.

La semaine dernière en faisait partie.

Tout a commencé au Hellfest.

Depuis plusieurs années, j’ai la chance d’y être accrédité en tant que photographe. C’est devenu un rendez-vous annuel que j’attends toujours avec impatience. Au-delà des concerts, c’est un lieu où l’on retrouve des amis, où l’on découvre de nouveaux artistes et où l’on partage une même passion avec des milliers de personnes venues des quatre coins du monde.

Mais cette édition 2026 avait une saveur particulière.

Pour la première fois, j’ai eu l’immense privilège de photographier Iron Maiden depuis le pit photo.

Je me suis alors revu adolescent, découvrant The Number of the Beast ou Piece of Mind, sans imaginer un seul instant que, quelques décennies plus tard, je me retrouverais là, appareil photo en main, au pied de cette scène mythique.

Il y a des instants où l’on mesure soudain le chemin parcouru.

Celui-ci en faisait incontestablement partie.

Mais l’aventure ne s’arrêtait pas là.

À peine le Hellfest terminé, direction Paris.

Le dimanche soir, The Iron Troopers montaient sur la scène de l’Eddie’s Dive Bar, rendez-vous incontournable des fans d’Iron Maiden.

Le lendemain, nous étions au Corcoran’s La Défense, à quelques pas de Paris La Défense Arena, où Iron Maiden se produisait quelques heures plus tard.

Ces deux concerts resteront parmi les plus marquants de notre histoire.

Bien sûr, il y avait l’énergie du public, la joie de jouer, l’ambiance incroyable…

Mais ce qui me revient le plus souvent en mémoire, ce sont les rencontres.

Des passionnés venus d’Écosse, de Finlande, d’Italie, d’Angleterre, d’Espagne, du Mexique… Des discussions qui se prolongent après les concerts, des sourires, des anecdotes, des photos, des poignées de main.

La musique possède ce pouvoir extraordinaire de rassembler des personnes qui, sans elle, ne se seraient probablement jamais rencontrées.

En rentrant chez moi, j’ai rangé un bracelet Hellfest de plus avec ceux que je conserve depuis 2014.

À chaque édition, je me dis que ce ne sont finalement pas les bracelets qui comptent.

Ils ne sont que les témoins silencieux de ce qui reste vraiment : les souvenirs.

Et pendant que cette folle semaine se déroulait…

Un autre projet poursuivait son chemin, beaucoup plus discrètement.

Mon prochain album.

Son écriture avance lentement.

Entre deux concerts.

Entre deux répétitions.

Entre deux voyages.

Certaines chansons naissent très vite.

D’autres demandent des semaines, parfois des mois, avant de trouver leur véritable forme.

Pour ce nouvel album, j’ai choisi d’écrire en français.

J’ai envie d’aller encore plus loin dans l’introspection, dans la sincérité, dans ces histoires qui nous construisent et nous accompagnent.

Je ne vois pas mes projets comme des univers séparés.

Le Heavy Metal, le rock acoustique, les récitals lyriques ou la transmission sont simplement différentes façons d’exprimer une même passion.

Ils se nourrissent les uns des autres.

Ils racontent finalement une seule et même histoire.

Le 19 août prochain, à la Guinguette du Port de Châteauneuf-sur-Loire, je présenterai pour la première fois plusieurs chansons de ce futur album.

Exceptionnellement, je serai seul sur scène, avec ma guitare.

David Jacob et Aurel Ouzoulias retrouveront ensuite naturellement leur place dans cette aventure, mais cette soirée sera volontairement dépouillée, au plus près des chansons.

Je jouerai également plusieurs titres de Résilience, mon premier album acoustique, qui continue de vivre grâce à celles et ceux qui l’écoutent encore aujourd’hui.

Au fond, cette semaine résume assez bien ce que représente la musique pour moi.

Passer d’un festival de plusieurs dizaines de milliers de personnes à une guitare posée sur les genoux.

D’un pit photo au silence d’une page blanche.

D’une scène électrique à une chanson qui cherche encore ses mots.

Tout cela fait partie d’un même chemin.

Et si je continue d’avancer avec la même envie après toutes ces années, c’est sans doute parce que je n’ai jamais cessé d’être ce gamin qui rêvait simplement de faire de la musique.

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